Poêles et chauffage

Bois local : vérifiez le séchage avant de commander

Par Marc Lemaire , le 21 juillet 2026 à 14:20 - 3 minutes de lecture
Tas de plaquettes de bois devant une chaufferie rurale et une remorque

Ouest-France a mis en avant le 20 juillet 2026 une filière sarthoise qui transforme le bois issu de l’entretien des haies en combustible local. L’article cite Bois Énergies du Maine, installée au Luart, et le futur réseau de chaleur Le Mans Nord-Coulaines, avec un objectif de 15 000 logements chauffés.

L’idée est bonne : garder une ressource locale, entretenir les haies et éviter de transporter du combustible sur des centaines de kilomètres. Mais pour celui qui se chauffe au bois, le mot “local” ne suffit pas. Ce qui compte dans l’appareil, c’est l’humidité, le calibre, le stockage et le conduit.

Le circuit court ne remplace pas un bois sec

Dans le cas des plaquettes, le bois doit être coupé, broyé puis séché avant d’être utilisé en chaufferie. Si l’humidité reste trop élevée, la combustion devient moins propre, la chaleur baisse et les résidus augmentent. Le problème est le même avec des bûches : l’ADEME recommande de brûler du bois bien sec, avec un taux d’humidité inférieur à 23 %.

Avant de commander un bois présenté comme local, demandez donc comment il a été séché et stocké. Pour des bûches, regardez la longueur, le fendage, la date de coupe et l’abri. Pour des plaquettes, la régularité du calibre et l’absence de terre comptent beaucoup. Le bois peut venir du coin et rester mauvais dans votre appareil si ces points sont bâclés.

Le piège classique, c’est de regarder seulement le prix au stère, au mètre cube apparent ou à la tonne. Un combustible humide coûte parfois moins cher au départ, mais il chauffe moins, salit davantage et peut obliger à intervenir plus tôt sur le foyer ou le conduit.

Le conduit doit suivre le combustible

Un bois plus humide ou trop irrégulier favorise les dépôts. Si votre cheminée fume, si la vitre noircit vite ou si une odeur de suie revient après extinction, ne rallumez pas comme si de rien n’était. Commencez par contrôler le combustible, puis faites vérifier le tirage et l’état du conduit.

Le même raisonnement vaut pour les projets collectifs : une chaufferie au bois local doit prouver son approvisionnement, son séchage, sa maintenance et l’évacuation des cendres. Le prix du kWh seul ne dit pas tout, comme on l’a déjà vu avec le bois déchiqueté en chaufferie.

Pour un particulier, la vérification reste simple : commandez moins au début, stockez au sec, surveillez les premières flambées et gardez le conduit dans les contrôles du devis. Le bois local est un vrai plus quand il arrive sec et propre. Sinon, il devient juste un mauvais bois acheté plus près de chez vous.

Portrait de Marc Lemaire, auteur Action Ramonage

Marc Lemaire travaille sur les sujets de chauffage au bois : pellets, bûches, stockage, prix du combustible et rendement au quotidien. Il cherche surtout à traduire les données techniques en choix pratiques pour les foyers équipés d’un poêle.

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