Chauffage : le prix du sac de granulés va-t-il encore exploser ? Ce scénario catastrophe qui se précise
Le doute revient. Après le pic à 800 € la tonne en 2022, la baisse observée l’an dernier rassurait. Pourtant certaines données laissent craindre un nouveau choc prix dès l’automne.
Les foyers qui ont troqué le fioul contre le pellet scrutent chaque graphique. L’enjeu : ne pas voir leur facture grimper de 40 % en plein hiver. La filière s’active mais les signaux restent contrastés.
Pourquoi ce scénario ne relève plus du fantasme ? Réponse tout de suite.
Prix des granulés de bois : la menace d’un retour à la flambée
Le marché se stabilisait autour de 450 € la tonne en 2024 ; depuis janvier, le tarif moyen glisse à 336 €. C’est deux fois moins qu’au pire de 2022 ! Mais cette éclaircie repose sur des stocks construits après un hiver doux. Si la température chute dur, la réserve fondra comme neige et le cycle de hausse se relancera.
De 800 € à 336 € : accalmie fragile ou vraie correction ?
Le rebond spectaculaire de la production française a comprimé les marges des distributeurs. Les scieries tournaient plein régime, la sciure affluait, le prix coulait. Or les abatteurs annoncent déjà une coupe réglementée pour protéger les futaies. Moins de bois brut, moins de sciure, la boucle spéculative se referme.
L’Ukraine reste, elle, un couloir logistique incertain. Toute tension là-bas renchérit le fret et la tonne de pellets se voit grevée de 30 € presque du jour au lendemain.
Trois forces qui poussent déjà la facture vers le haut
1. Le bois, plus de la moitié du coût final. Les scolytes ravagent les épicéas en Europe centrale. Moins de grumes, plus de concurrence, la sciure se paye cher. Chaque hausse de 10 € sur la matière première se traduit par 15 € de plus sur le sac en magasin.
2. L’énergie pour sécher et compresser. Les usines tournent au gaz ou à l’électricité. Une remontée des tarifs de gros suffit à faire grimper le prix du granulé même si la scierie déborde de copeaux.
3. La TVA passée de 7 % à 10 %. Trois points qui pèsent à peine 7 € sur la tonne mais, psychologiquement, le consommateur le ressent. Surtout quand la taxe tombe en plein réapprovisionnement hivernal.
Le transport, talon d’Achille méconnu
Une palette de 66 sacs fait plus d’une tonne. Chaque kilomètre avalé par un semi-remorque compte. En périphérie des grandes villes, la logistique urbaine fait grimper la livraison de 20 %, parfois 30 %. L’achat groupé de quartier devient un rempart efficace : une seule livraison, frais divisés, stress évité.
L’astuce s’inspire des brasseries bavaroises qui mutualisent leurs fûts pour réduire le coût par litre. On charge un camion complet, on partage l’addition et on trinque à la chaleur future !
Des signaux qui laissent espérer une détente
La filière investit dans des presses plus sobres et des séchoirs alimentés par la chaleur fatale d’autres industries. Résultat attendu : –12 % sur le coût de production d’ici un an. Le gouvernement examine aussi un crédit d’impôt ciblé sur l’achat hors saison, histoire de lisser la demande.
Les importations canadiennes, longtemps freinées par le fret maritime, retrouvent de la compétitivité grâce à des navires au GNL moins coûteux. Un conteneur de plus vaudra un camion de moins sur les routes françaises.
Quand acheter pour ne pas subir la flambée ?
Les données du Réseau de chaleur national sont claires : de mai à juillet, le prix au kilo se tasse de 8 à 10 %. Les précommandes ouvertes par certains distributeurs en ligne bloquent même le tarif jusqu’à la livraison d’octobre. Commander avant la sieste estivale reste donc la tactique la plus sûre.
Un comparateur indépendant affiche déjà des offres à 300 € la tonne si la livraison intervient avant le 14 août. Les sacs patientent ensuite à la cave. Leur taux d’humidité se maintient, la flamme sera vive, l’esprit plus léger.
Sécuriser son budget chauffage sans sacrifier le confort
Un foyer moyen brûle 2,5 tonnes par hiver. À 336 €, la facture flirte avec 840 €. Si la tonne remonte à 500 €, la note dépasse 1 250 €. Gagner 1 °C intérieur équivaut à 7 % de pellets en moins : un pull épais ou une nappe de table plus lourde dans la salle à manger bavaro-italienne et la dépense chute de 60 €.
Les poêles à modulation fine permettent aussi de pulvériser la sciure juste nécessaire. Une cuisson lente du ragù sur la plaque supérieure chauffe la pièce tout en parfumant la soirée. Double économie et double plaisir.
Perspectives hiver prochain
Les prévisions météo longues laissent entrevoir un hiver plus humide que glacial. Si elles se confirment, la flambée restera un souvenir et la tonne ne franchira pas la barre des 400 €. Sinon la vigilance s’impose. La passion du feu de bois n’exclut jamais la prudence du comptable.
Surveiller, stocker tôt, partager les livraisons. Trois réflexes simples pour transformer le spectre du scénario catastrophe en simple frisson passager, comme un courant d’air lorsqu’on ouvre la porte d’un biergarten en plein janvier.
À 38 ans, je suis une geek assumée et passionnée. Mon univers gravite autour des comics, des dernières séries culte et de tout ce qui fait vibrer la pop culture. Sur ce blog, je vous ouvre les portes de mon ‘repaire’ pour partager mes coups de cœur, mes analyses et ma vie de collectionneuse


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